La cérémonie de remise des prix de thèse du GIS Études africaines se déroulera le vendredi 17 octobre 2025 à partir de 17h30 (à l’INALCO, auditorium, 2 rue de Lille, 75007 Paris). Nous vous invitons à vous inscrire en renseignant le formulaire dédié.
Cette année le prix est decerné à trois lauréat·es ex-aequo :
- Massinissa GARAOUN , Amazigh et arabe dans le massif des Babors (Kabylie orientale, Algérie) : contribution à la typologie des contacts linguistiques.
Sous la direction de mina Mettouchi (EPHE- LLACAN) et Martine Vanhove (CNRS, LLACAN)
Résumé :
Les Babors sont un massif montagneux situé en Kabylie orientale au nord-est de l’Algérie. Deux langues y sont pratiquées, l’arabe jijélien et la tasahlit. La tasahlit est une langue amazighe, la plus ancienne famille de langues connue en Afrique du Nord occidentale. Le jijélien est une variété d’arabe ayant émergé à la suite de la première vague de conquêtes arabo-musulmanes en Afrique du Nord (VIIe-IXe siècles). Nous nous sommes intéressés à l’histoire des contacts entre ces langues depuis l’Âge d’or islamique jusqu’à nos jours, en décrivant des traits linguistiques hérités du contact et en les rapprochant des connaissances actuelles sur la typologie des contacts de langue afin d’établir des scénarios sociolinguistiques historiques. Nous avons pris en compte à l’échelle micro-locale le facteur géographique et les strates historiques variées en travaillant à partir de données de cinq variétés recueillies sur le terrain. Nous avons décrit la situation sociolinguistique actuelle, et en particulier les différents niveaux de bilinguisme, afin de reconstruire les relations de pouvoir historique entre les communautés et leurs langues. L’un des intérêts de cette étude réside dans les types de contact en jeu entre des langues génétiquement apparentées et typologiquement proches (Aikhenvald 2007, Hickey 2007).
- Corten PÉREZ-HOUIS , La ville dans le moule. Mise en ordre et résistances des filières de brique rouge dans la production du Grand Caire (Égypte) et du Grand Khartoum.
Sous la direction de Eric DENIS (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne-Géographie – Cités) et Alice Franck ((Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne – PRODIG)
Résumé :
Khartoum et Le Caire sont depuis les années 1980 en pleine expansion, à la fois urbaine et démographique. Pourtant, les sites de production d’un des matériaux les plus massivement utilisés, la brique rouge, sont remis en cause dans les deux capitales (fermetures et abandon d’usine, délocalisation). Cette thèse propose d’étudier cet apparent paradoxe à travers une géographie matérielle critique de la ville et des filières de brique rouge. Elle s’attache à suivre ce matériau, depuis l’extraction des matières premières jusqu’au chantier, en partant de l’hypothèse que ce matériau de construction est un lieu d’observation pertinent des transformations urbaines contemporaines (étalement, verticalisation, durcification, marchandisation de l’espace). Elle adopte une approche de géographie urbaine, politique et économique pour montrer l’interdépendance entre les différents processus liés à l’urbanisation en cours de ces deux capitales (étalement, verticalisation, durcification…) et ceux qui affectent les sites de production et d’utilisation de la brique rouge.
- Mathilde TARIF , Etat, capital, identité. Désaccumulation et contraintes internationales en République centrafricaine (1960-2020).
Sous la direction de Gilles Dorronsoro (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, CESSP) et Florence Brisset-Foucault (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, IMAF- Aubervilliers)
Résumé :
Par sa place marginale dans l’économie mondiale, la République centrafricaine (RCA) apparaît comme un cas idéal-typique permettant d’aborder les questions du fonctionnement de l’État post-colonial, de son rapport au capital privé et de la formation des groupes sociaux en lien avec des contraintes internationales. Depuis l’indépendance, les crises à répétition et l’incapacité de l’appareil d’État centrafricain à accumuler des ressources et mettre en place des politiques publiques pour répondre aux demandes des populations indiquent un phénomène de désaccumulation nourri par les effets déstructurants des logiques internationales néolibérales visible dans d’autres contextes, sur le continent africain mais aussi au-delà. Fondée sur un travail d’archives et neuf mois d’enquête en RCA menée entre 2018 et 2022, cette thèse combine une analyse macrosociologique retraçant des contraintes structurelles à partir de sources secondaires (rapports d’administrations et d’organisations internationales, données chiffrées, discours officiels, etc.), avec une analyse micro et mésosociologique des pratiques et représentations des acteurs à travers 260 entretiens semi-directifs, l’observation directe et l’étude des archives disponibles (administratives et personnelles).
Nous remercions tous les membres du jury ayant participé à l’évaluation des thèses candidates :
- David Ambrosetti (CNRS, LAM)
- Sarah Andrieu (Université Côte d’Azur, URMIS-Nice)
- Luisa Arango (Université de Strasbourg, SAGE)
- Marie-Pierre Ballarin (IRD, URMIS-Nice)
- Marie Bassi (CEDEJ-Karthoum)
- Elara Bertho (CNRS, LAM)
- Sophie Blanchy (CNRS, LESC )
- Pierre Boilley (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, IMAF – Aubervilliers)
- Emmanuelle Bouilly (Université de Lille, CERAPS)
- Florence Boyer (IRD, URMIS-Nice)
- Marielle Debos (Université Paris Nanterre, ISP)
- Sophie Didier (Université Gustave Eiffel, Lab’ URBA)
- Anne Doquet (IRD, IMAF – Aubervilliers)
- Xavier Garnier (Université Sorbonne Nouvelle, THALIM)
- Émilie Guitard (CNRS, PRODIG)
- Charles Grémont (IRD, LPED)
- Rozenn Guérois (CNRS, LLACAN)
- Rania Hanafi (Université Côte d’Azur, URMIS-Nice)
- Fatoumata Hane (Université Assane Seck de Ziguinchor)
- Vincent Hirribaren (London King’s College )
- Mehdi Labzaé (Université Paris Nanterre, ISP)
- Anaïs Leblon (Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis, LAVUE)
- Céline Lesourd (CNRS, Centre Norbert Elias)
- Maëline Le Lay (CNRS, THALIM)
- Frédéric Le Marcis (ENS Lyon, TRIANGLE)
- Annael Le Poulennec (IFAS Recherche- Johannesburg)
- Stéphanie Lima (Université Toulouse Jean Jaurès, LISST)
- Marianne Morange (INALCO, CESSMA)
- Barbara Morovich (IFRA Nigeria)
- Didier Nativel (Université Paris Cité, CESSMA)
- Basile Ndjio (Université de Douala)
- Hervé Pennec (CNRS, IMAF-Aix)
- Constance Perrin-Joly (CFEE-Addis-Abeba)
- Nicolas Quint (CNRS, LLACAN)
- Florence Renucci (CNRS, IMAF-Aix )
- Samuel F. Sanchez (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, IMAF – Aubervilliers)
- Claire Simmoneau (Université Gustave Eiffel, LATTS )
- Amandine Spire (Université Paris Cité, CESSMA)
- Jean- Fabien Steck ( Université Paris Nanterre, LAVUE)
- Yann Philippe Tastevin ( CNRS, LISST, IRL ESS-Dakar)
- Céline Thiriot (Sciences po Bordeaux, LAM)
- Cécile Van den Avenne (EHESS Marseille, IMAF-Aix)
- Jeanne Zerner (CNRS, LLACAN)